Émotions, adaptabilité et attention : apprendre à apprendre

Quelques chiffres
 

Encore aujourd’hui, 90% des savants de tous les temps sont encore vivants. Cela peut s’expliquer par l’accélération technologique qui favorise la découverte, l’apprentissage et donc le savoir. L’Histoire démontre aussi que le cerveau humain s’améliore, se développe, se perfectionne, au fil des siècles.

Les romains possédaient un cerveau beaucoup plus développé que celui de l’homme des cavernes, mais moins performant que celui de l’homme moderne. Par exemple, entre 1932 et 1978, le cerveau a augmenté ses capacités intellectuelles de 3 à 5%. 

Dans les siècles à venir, l’augmentation devrait d’ailleurs être encore plus marquée, car la connaissance et savoir seront de plus en plus accessibles : rien qu’aujourd’hui, 200 millions de blogueurs diffusent du savoir sur internet en postant chaque minute 60 000 articles. 
 

Il est donc indispensable à notre époque, et dans les années à venir, de comprendre comment « apprendre ».

 

Les différents cerveaux
 

« Quand je suis allé à l’école, ils m’ont demandé ce que je voulais être quand je serai grand. J’ai répondu « heureux ». Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question, j’ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie » John Lennon

L’émotion a toujours été vectrice d’enseignement. Au commencement de notre histoire, la curiosité a poussé l’homme des cavernes à frotter deux silex l’un contre l’autre. La faim l’a rendu ingénieux dans les méthodes de chasse. La peur l’a tenu éloigné de certaines espèces animales ou végétales. Plus que de l’apprentissage, les émotions ont permis la transmission du savoir de générations en générations, car elles sont un puissant fixateur de la mémoire. 

Au fil des siècles, l’émotion a donc enrichi notre cerveau... ou plutôt nos cerveaux.

Car oui, nous en avons deux. Le premier est bien évidemment le cerveau classique. Le second, en revanche, est notre ventre. Il produit 95% de la sérotonine, l’hormone du plaisir qui agit aussi comme un puissant anti dépresseur. Ce cerveau entérique ressent et communique les informations au cerveau principal. Il entre en action quand nous avons faim, peur, quand nous sommes malades, quand nous sommes amoureux, etc. Le ventre est le cerveau de nos émotions. 

Notre cerveau principal se divise en plusieurs territoires : le limbique, le néo-limbique, le préfrontal et le néocortex. Le cerveau limbique est 10 fois plus rapide que le néocortex et est responsable des fonctions cognitives d’interprétation.

Le préfrontal , quant à lui, est le cerveau de l’adaptation, dont la plasticité apporte à l’être humain fluidité, curiosité, nuance, mémoire et capacité à se projeter. Il agit en complémentarité avec le cerveau limbique. 
 

Les neurones meurent et se régénèrent : apprendre, c’est donc les multiplier !

 

 

Comprendre comment apprendre
 

Aucun travail n’est intéressant ou inintéressant en soi. Ce qui l’est ou non, c’est la manière de l’aborder. L’ennui arrive lorsque tout le monde doit faire la même chose, en même temps, sans tenir compte des rythmes et comportements individuels. Par exemple, les plus rapides s’ennuient en attendant les plus lents. Mais il n’y a pas de « bon rythme », celui-ci dépend de l’individu.

Tout apprentissage est un changement de repère, de regard ou de façon de penser : il est rarement facile et immédiat. Il impose de multiples questionnements et de la patience pour cheminer par étape. Certaines de ces étapes peuvent être angoissantes et déstabilisantes, tant notre culture est réfractaire au changement. 

A chaque instant, des efforts et une volonté constante sont nécessaires. Et pour accepter de faire gratuitement des efforts, il faut que l’effort lui-même procure du plaisir.

Par exemple, les sportifs de haut niveau qui s’entraînent de manière fastidieuse trouvent leur plaisir dans la victoire, signe que leurs efforts ont payé. La récompense est alors supérieure à l’effort : le chemin est rude mais la vue du sommet est si belle !
 

Le cerveau est un explorateur par nature : il déteste l’ennui et a horreur du vide, il ne reste jamais sans rien faire, même pendant un dixième de seconde. Une pensée à la fois, on ne fait jamais deux choses en même temps : on passe d’une tâche à une autre mais l’attention est uniquement focalisée sur ce qui nous intéresse.

 

 

Attention et concentration
 

La concentration est différente de l’attention. Se concentrer est nécessaire pour comparer, analyser, synthétiser et établir des relations en isolant le cerveau des distractions extérieures, nuisibles à la réflexion et à la résolution de problèmes. L’attention, quant à elle, se déclenche lorsqu’une information peut paraitre utile. L’attention est guidée par la mémoire : cette tâche parait intéressante car elle renvoie à des souvenirs.
 

Michael Posner décrit trois étapes de l’attention :

1) Alerter : surveiller et donner l’alerte en contrôlant l’environnement. Un signal particulier est provoque une attention spécifique (signaux externes, alarmes internes)

2) Orienter : savoir où aller pour obtenir un maximum d’informations

3) Exécuter : réagir, prendre une décision et contrôler ses impulsions
 

Pour tester votre attention, il existe un exercice court et ludique : pendant 20 secondes, faites un tour de 360° et repérez un maximum d’éléments ronds, carrés, pointus, etc… Ensuite, fermez les yeux puis énumérez ce que vous avez vu dans une des formes.
 

Quatre facteurs agissent alors autour de l’attention :

-​Les émotions

-​La signification

-​Le multitraitement

-​Les pauses digestion
 

Les émotions permettent de fournir un comportement adapté à la situation : se laisser posséder par l’émotion permet de donner le ton. L’expérimentation et le ressenti des détails dominent davantage que leurs souvenirs. 
 

Pour maintenir l’attention, il est indispensable de varier les supports et les messages : vidéos, photos, jeux doivent se succéder harmonieusement pour captiver votre audience ! Et le jeu est le meilleur facteur d’apprentissage : les petits humains, les petits mammifères ne découvrent-ils pas la vie en jouant ? Mais le cerveau a aussi besoin de pauses pour digérer les informations, ou il risque de décrocher. En effet, au-delà de 9mn59, l’attention chute. 
 

Dans l’idéal, l’apprentissage d’une information se décompose ainsi : 

-​ 1 mn pour expliquer le concept

-​ 9 mn pour développer et approfondir
 

Qu’elles soient positives ou négatives, les émotions sont donc vitales : sans elles, la vie n’aurait pas de saveur. L’émotion comme vectrice de découverte et/ou de progrès rend l’homme plus intelligent. Son savoir augmente, ses connaissances s’affinent et son cerveau se développe d’années en années. Ne négligeons pas nos émotions, car ce sont elles qui nous définissent.

 

 

Source : Former par le Funny Learning de Brigitte Bossuat


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